La nuit défendue

                               

 

 

 

 

"Je vais tuer Akihiko " C'est sur cette pensée qu'Hiroki pénétra dans la salle pleine des plus célèbres écrivains du pays, vêtue d'une robe sweet-lolita rose et noire.

 

Kusama Nowaki c'était levé depuis une bonne demie heure et s'affairer à la préparation d'un petit déjeuner typiquement japonais pour lui et son amant toujours paisiblement endormi.

Il disposa avec soins les plats durement préparés et en parfaite petite ménagère installa prêt à l'emploi, tasse de thé et journal à la place habituelle de son "adorable" petit-ami.

Nowaki  s'apprêtait à tenter une ultime tentative de réveille lorsque (Oh ! miracle) Hiroki pénétra dans le salon, avec l'air enjoué d'un pitbull qu'on aurait tiré du sommeil à coup de Klaxon dans les oreilles, et s'assit... pardon... s'avachit, sur la chaise qui lui été assigné.

Nowaki s'installa face à lui et attendit qu'il ait bu sa première gorgé de thé avant de demander le plus innocemment du monde un : " -Bien dormi Hiro-san ?" accompagné d'un sourire éclatant.

Hiroki se contenta de lui lancer un regard noir lourd de reproche avant d'entamer la lecture de son journal, prenant un soin tout particulier à l'ignorer superbement. Nowaki ne pu s'empêcher de lâcher un petit rire, la nuit en effet n'avait pas été de tout repos, et il n'y était pas pour rien.

Il savait pourtant que sont amant travaillait tôt le lendemain, mais comme d'habitude, lorsque ce genre de pulsions l'envahissait, il ne pouvait freiner ses ardeurs, si bien qu'ils avaient fini par s'endormir vers 1h du matin et il était à présent 6h30. Pourtant bien qu'attendri par les cernes noirs sous les yeux du professeur assistant, il ne regrettait rien.

Nowaki sortit brusquement de sa rêverie devant l'exclamation de joie d'Hiroki qui s'était levé de sa chaise, son journal toujours à la main.

"_Gé... génial !

_ Hiro-san ?

Survolté, le châtain tendit la feuille à son vis-à-vis, un sourire victorieux accroché au visage. Nowaki commença à lire:

_ "Afin de fêter le 20ème anniversaire des prestigieuses éditions Murakawa, le directeur d'édition, Ryuuichirou Isaka,organise en compagnie de ses meilleurs écrivains une grande convention littéraire. À l'honneur, les meilleurs plumes de notre pays : Inoue Ume ,Murakami kenji , Yôko Fumiko... conviés à cette occasion pour partager une soirée de rencontre entre auteurs. Au programme, dîner et bal d'après nos dernières informations.

Malheureusement pour les fans, l'hôtel Teito, où se déroulera ce prestigieux rassemblement, sera fermé au public à cette occasion. Mais bien entendu une conférence de presse aura lieux dans la soirée afin que vous puissiez..."

Nowaki cessa sa lecture pour regarder Hiroki qui attendait visiblement une réaction aussi enjouée de sa part.

_ Et... donc ? Se risqua-t-il à demander.

_ Quoi et donc ?! Tu ne comprends pas ? Quelques uns des meilleurs écrivains que je connaisse seront à cette convention, tu réalises ce que ça veut dire ?!

_ Heu... que tu pourras lire un article sur eux le lendemain ?

Le reste du journal atterrit sur le visage de Nowaki dans un bruit de papiers froissés.

_ Mais non crétin ! Ça veut dire que je vais pouvoir les rencontrer et leur poser toutes les questions que je veux ! Je pourrais enfin obtenir les détails de leurs écrits, tout ce que j'ai toujours voulu savoir et que ces ignares de journalistes sont incapables d'obtenir !

Devant les yeux brillants d'excitation de son petit-ami, et compte tenu du fait qu'une tasse de thé serait un projectile plus redoutable qu'un journal, Nowaki hésita mais finit par demander :

_ Mais Hiro-san... cette convention n'est-elle pas réservée aux écrivains ?

Hiroki se bloqua.

_ Hum... c'est... c'est vrai.

Le jeune médecin profita de la réflexion intense d'Hiro-san pour débarrasser la table de tout objet dangereux, lorsque le châtain poussa une nouvelle exclamation de joie.

_ Je sais !

Nowaki le regarda sceptique.

_ Je ne suis pas un écrivain, mais j'en connais un ! "

 

***********************************

 

Usami Akihiko inspira une bouffer de sa cigarette puis réajustant le téléphone sur son oreille déclara :

"_ Hors de question.

_ Comment ça hors de question ?! s'égosilla Hiroki à l'autre bout du fil.

_ Hors de question veut dire hors de question .Et tu pourras dire à Isaka que c'est lâche de se servir de mes connaissances pour essayer de me faire venir à cette stupide convention.

_ Pourquoi tu me parles d'Isaka?! Je veux que tu m'invites pour parler à des écrivains ; pas pour ton idiot d'agent !

_ Ha... Très bien. Mais je n'irai pas.

_ POURQUOI ?! Hurla le démon de plus en plus énervé. NOUS SOMMES AMIS ! Alors comporte-toi comme tel !

_ Hum... tu n'as donc jamais appris la politesse ? Il faudra que j'en parle à ta mère.

_ Laisse ma mère en dehors de ça ! Et puis tu me dois bien ça.

_ En quoi je te devrais quoi que ce soit ?

_ Je t'ai toujours aidé pour tes romans et j'ai même accepté que tu m'utilises comme personnage pour tes nouveaux gays !

_ Eh bien... en réalité tu n'as jamais eu à accepter puisque je n'ai pas eu besoin de ton autorisation.

Hiroki sentait sa patience le quitter dangereusement.

_ Espèce de ...

_ Mais vas-y, toi, à cette convention personne ne t'en empêche.

_ C'est bien parce que je ne peux pas y aller que je t'ai appelé abruti !

Un bref silence se fît, puis Akihiko reprit avec un petit rire :

_ Ne t'en fais pas Hiroki, tu iras à cette convention.

_ Hein ? Vraiment ? Comment ?

_ Je viens de me rappeler que l'une des personnes invitée à la soirée avait décommandé, tu n'as qu’à te faire passer pour elle.

_ Quoi ? Mais je ne peux pas me faire passer pour un écrivain ! Personne n'y croira, réfléchis !

Usami inspira une nouvelle bouffée de sa cigarette.

_ Fais-moi confiance. Dit-il avec un sourire au coin. J'ai un plan, en revanche... je doute que ça te plaise. 

 

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"Je vais tuer Akihiko !"

C'est sur cette pensée qu'Hiroki pénétra dans la salle pleine des plus célèbres écrivains du pays, vêtue d'une robe sweet-lolita rose et noire.

Derrière lui, Nowaki, dans un magnifique costard trois pièces noir, était aux anges et souriait béatement depuis leur départ de l'appartement.

"_ Je t'ai déjà dit d'arrêter de sourire bêtement. Grogna Hiroki dont la perruque longue et ondulée sertie de petits rubans de velours le gênait horriblement.

_ Désolé mais je n'y peux rien Hiro-san, tu es tellement mignon ! On dirait une robe de conte de fée.

La sweet-lolita le fusilla de son regard le plus démoniaque et lui dit le plus sérieusement et froidement possible :

_ Appelle-moi une seule fois princesse, une seule fois , et je te lapide à coup de talon aiguilles .

Nowaki n'insista pas mais n'en pensa pas moins.

 

À son retour de l'université, Hiroki avait trouvé un colis et une note laissés par Akihiko devant sa porte.

À l'intérieur du colis empoisonné : la robe, légèrement bouffante et tombante jusqu'aux dessus du genou, des escarpins à talon vernis, une perruque de petite fille modèle et un bon mètre de ruban en velours.

Enfin, au fond du paquet un costume 3 pièces de chez HUGO BOSS.

Comme unique explication une carte : "Je me suis arrangé avec Inoue Ume pour que tu prennes sa place à la soirée, profites-en pour parler avec qui tu voudras mais n'oublie pas les journalistes, ils ADORENT les questions.

Ne te mets pas trop la pression, Inoue n'a pas fait beaucoup d'apparition public donc physiquement ça devrait coller.

Je passe te prendre vers 20h30.

PS : le costume c'est pour ton copain, comme elle s'est mariée il y a peu il fera ton mari. Ne me remercie pas, c'est cadeau. Akihiko. "

 

"_ Mon dieu, dites-moi que je rêve."

Nowaki en revanche était plus qu'enthousiaste à l'idée de jouer le mari d'Hiro-san. Et voilà qu'ils étaient arrivés à la réception d'Anniversaire des éditions Murakawa dans leurs costumes d'apparat.

 

Malgré sa honte et sa mauvaise humeur, Hiroki oublia bientôt perruque et chaussures et découvris avec enthousiasme les auteurs dont il avait dévoré les écrits. Ils étaient un peu plus d'une cinquantaine mais il les reconnaissait tous !

"_ Oh ! N... Nowaki regarde ! C'est l'auteur des "Tournesols rouge" ! Et lui ! "Voyage au bout du temps " quel merveille ce livre...Ah ! Et elle !"

Nowaki était obligé de retenir Hiroki par le col pour éviter qu'il ne saute sur tout se qui ressembler de près ou de loin à un écrivain.

Soudain un des journalistes présents dans la salle remarqua les deux nouveaux arrivés et hurla aussi discrètement qu'un journaliste en mal de news peut le faire :

"_ REGARDEZ !! INOUE UME !!!"

Et tout aussi discrètement un autre ajouta:

"_ ET LUI ! C'EST SON MARI !!"

En moins de cinq secondes, montre en main, ils étaient assaillis de toutes parts par une nuée de journalistes.

_ Voilà donc ce que ressent un steak devant un groupe de piranhas affamés...

_ Dis...dis-leur quelque chose Hiro-san !

_ Oui ! Heu... vous désirez ?

Une flopées de questions s'abattit brutalement sur eux aussi nombreuses et variées que : "Quel est votre groupe sanguin ?" ou "Plutôt string ou culottes ?" et Hiro sentait ses nerfs (fragiles) prêts à se rompre.

Finalement, n’y tenant plus, il lâcha son attaque ultime ! De sa voix la plus démoniaque, fruit d'un intense entraînement à terroriser des élèves récalcitrants il hurla : "LA FERME !!!!"

 

 

Un long silence s'installa.

Aussi bien journalistes qu'invités n'osaient plus parler et avaient laissé un périmètre de sécurité de 4 mètres entre eux et la furie, les yeux toujours injectés de sang.

_ Hi... Hiro-san. Bredouilla Nowaki.

_QUOI ?!

_ Je me disais que ta voix était peut être, disons... un "poil" masculine, pour une fille je veux dire.

_ Ha… !

L'assistance toujours pétrifiée de terreur continuait de le dévisager avec des yeux ronds. Nowaki dont le sourire était de plus en plus crispé se pencha de nouveaux vers Hiroki.

_ Dis quelque chose...

_ Heu... hum... oui.

Le démon se concentra, pris une grande inspiration et prenant sa voix la plus fluette possible déclara :

_ Je suis Inoue Ume et je suis ravie d'être là ! Et surtout je suis une femme ! Ah ! Ah ! Ah !

Le peuple reprit son souffle et chacun retourna à ses occupations comme si de rien n'était.

Nowaki et Hiroki échangèrent un regard durant quelques secondes et lâchèrent un gros soupir de soulagement.

 

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L'incident passé, nos deux doublures prirent la direction du buffet où un impressionnant étalage de plats, de gâteaux et de boissons en tout genre trônait fièrement au centre de la salle.

La bave aux lèvres et le ventre creux après toutes ces émotions, ils s'apprêtaient à se servir lorsqu'une sorte de grincement désagréable leur vint aux oreilles.

"_ Inoueeee !!!!! Très chère !

Une imposante matrone se précipita vers eux les bras ouverts avant de serrer Hiroki contre son énorme poitrine.

_ Je ne pensais pas vous voir ici ! Quelle joie !!! Dit-elle en le relâchant brusquement. Vous êtes RAVISSANTE ce soir ! On ne vous reconnaît pas !

Hiroki encore sonné sous le coup de l'étreinte ne répondit rien et chancela involontairement vers Nowaki qui le rattrapa de justesse.

_HO !!! Mais quel A-D-O-R-A-B-L-E couple ! Je suis ravie pour vous !

_ Heu... merci .balbutia Nowaki tandis que la sweet-lolita reprenait ses esprits.

_ Et en plus c'est un très joli garçon ! Continua-t-elle en déshabillant le jeune médecin du regard. Mais dites moi très chère... comment se nomme t-il se charmant gentleman ?

L'imposante femme fixait maintenait Hiroki, attenant sa réponse en gloussant de temps à autre.

_ Son... son nom oui ! Bégaya Hiro qui sentait des sueurs froides lui couler dans le dos. Il s'appelle, heu...

Le châtain paniqué essaya de chercher du renfort du côté de sa moitié, mais celui-ci semblait définitivement dépassé par les événements. Et devant le regard pressant et quasi hypnotique de la matrone, Hiroki dit le premier nom qui lui vint à l'esprit.

_ M... Miyagi ! Miyagi You ... voilà c'est son nom !

 

Il sentit Nowaki se tendre à côté de lui, la femme, elle, éclata de rire.

_ Oh ! Formidable ! Vous voilà donc Madame Miyagi ! Eh bien, félicitations très chère !

_ Merci. Grogna Hiroki en se maudissant intérieurement.

_ Bien ! Je vais vous laisser à présent et annoncer la bonne nouvelle à tout le monde ! Bonne soirée !

Et avant que les deux hommes aient pu dirent quoi que ce soit, l'imposant postérieur de la femme disparu, emporté par la foule.(référence à Edith Piaf ^^)

 

Hiroki soupira, comme libérer d'un poids. (Littéralement)

_ Complètement folle cette bonne femme ! Pas étonnant qu'Inoue Ume m'ait laissé sa place.

_ ...

_ Nowaki ?

_ Pourquoi Miyagi ?

Hiroki (qui espérait secrètement que son amant n'en tiendrait pas compte) se sentit rougir.

_ Mais je ne sais pas moi ! J’ai dit le premier nom qui m'est venu en pensant "situation pénible" c'est tout !

Nowaki, qui depuis la fois où il avait surpris le professeur de Littérature en train d'essayer d'embrasser Hiro-san, continuait de le voir comme un rival, demanda encore :

_ Oui mais pourquoi Miyagi ?

_ J'ai dit Miyagi... mais j'aurais pu dire n'importe qui !

_ Ha ?

_ Mais oui ! Ne fais pas ton gamin, j'ai dit Miyagi comme j'aurais pu dire Nowaki, mais dans cette situation...

Mauvaise réponse, GAME OVER.

Nowaki se détourna vers le buffet sans un mot de plus.

_ Mais... je... Nowaki ! Et merde.

Hiroki se maudit une nouvelles fois et s'apprêtait à rejoindre son jaloux de copain lorsqu'il rencontra un obstacle.

_ Oh pardon mademoiselle ! s'excusa l'inconnu.

_ Vous ne pouvez pas faire att...

Il s’interrompit, son radar à écrivain s'était mis en route en reconnaissant un de "ses" auteurs.

Il prit sa voix féminine.

_ Oh ! Vous devez être Sumi-senseï n'est pas ?

_ En effet et vous êtes...

_ Kamij... heu je veux dire ... Inoue Ume .

Le visage de l’écrivain s’éclaira.

_ Mais bien sûr ! Ravi de vous rencontrer, vous boirez bien quelque chose ? Dit-il en lui tendant une coupe de champagne.

Hiroki s'apprêtait à décliner l'invitation (quand on à l'alcool mauvais en s'assume) mais devant l'arôme délicatement fruitée du champagne il était inutile de résister.

Finalement après quelques minutes d'autres invités l'entourèrent pour faire sa connaissance, tous un verre d'alcool à proposer à la main...

 

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Après avoir ruminé tout son saoul, Nowaki chercha à rejoindre Hiro-san mais ne le trouva pas là où ils s'étaient quittés. Et ses recherches ne furent pas facilitées avec la foule qui s'épaississait un peu plus à mesure que de nouveaux invités s'y mêlaient.

Soudain une voix remplit toute la salle. Sur une estrade aménager au fond, un homme avait pris le micro.

"_ Un, deux... Tout le monde m'entend ?

La foule se rapprocha docilement de la scène, Nowaki suivit et se cala entre deux personnes au bord de l'estrade.

_ Bonsoir ! Certain parmi vous me connaisse déjà et pour les autres je me présente, je suis votre hôte de ce soir .Isaka Ryuuichirou.

La foule applaudis poliment, Nowaki fît de même en continuant de guetter une éventuel trace de son amant.

_ Merci merci ! Continua Isaka. Mais ce soir ceux qu'ils faudraient applaudir c'est vous chers talentueux écrivains.

Il adressa un clin d'œil à son public et quelques gloussements se firent entendre.

_ Mais trêve de bavardage, je laisse la parole au parrain de cette soirée, le grand maître Murakami Kenji !

Un grand homme aux cheveux poivre et sel se présenta au micro sous de nouveaux applaudissements.

_ Merci Isaka-san et bon anniversaire aux éditions Murakawa. Tout d'abord je voudrai remercier....

Nowaki n'écoutait le discours que d'une oreille distraite et cherchait toujours dans la foule son petit-ami, de plus en plus inquiet de son absence.

_ .......et bien sûr pour mon nouveau livre que vous verrez très bientôt en librairie.......

Le jeune médecin commençait à s'en vouloir d'avoir été si puéril mais il n'y pouvait rien, quand il s'agissait d'Hiro-san il ne contrôlait plus rien.

_....... et je tien à vous présenter un ami très cher ......

Nowaki détestait montrer cette part de sa personnalité et maintenant que la foule était de plus en plus dense il ne voyait pas comment la situation pourrait être pire !

_..... L’éminent professeur de l'université Mitsuhashi, Miyagi You !

Le brun sursauta lorsque tous les invités se retournèrent dans sa direction et qu'un faisceau lumineux vint éclairer.... son voisin de droite. Il se retourna lentement et reconnu le collègue d'Hiroki qui lui-même venait de l'identifier.

_ Et toi tu ne serais pas le copain de....

Miyagi n'eut pas le temps de terminer sa phrase, la horde de journaliste venait en un instant de se regrouper autour de lui et  lui poser mille et une questions sur son mariage avec Inoue Ume et son amitié avec Murakami kenji.

Nowaki eu juste le temps d'esquiver la grosse femme qui les avait abordés tout à l'heure et sortit rapidement de la foule (entassée maintenant autour de Miyagi comme des vautours autour d'un carré de bœuf) avant de lancer l'opération : "retrouver Hiro-san avant que son collègue ne le voit en robe et ne l'humilie tous les jours, afin qu'il ne soit pas lui-même obligé de subir ses colères et une éventuelle abstinence de plusieurs semaines."

  

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Il avait traversé le hall de l'hôtel au pas de course en appelant désespérément Hiro-san, mais ne l'avait trouvé nulle part.

Soudain au croisement d'un angle de mur, il remarqua au milieu d'un petit groupe de personnes un amas de froufrou noir et rose. "Hiro-san !"

Nowaki se fraya une place parmi les quelques écrivains pour voir de plus près....le plus étrange spectacle de sa vie.

_ Et su...surtout bandes d'étudiants... ign... igni... ignnnnares ! N’oubliez jaaaaamais que la littérature est un art noble et déli.... diffi... dif... dur !

Hiroki, titubant, la perruque légèrement penchée, débraillé et une coupe de champagne dans chaque main offrait un cours de littérature à son auditoire à la fois fasciné et anxieux de le voir tomber à tout moment.

_ Hi... Hiro-san ? bégaya Nowaki en s'approchant prudemment de son amant. Qu’est-ce qui t'est arrivé ? Tu es saoul ?!

Hiroki sembla réfléchir quelques instants à l'identité de la personne qui se trouvait en face de lui puis un grand sourire grivois apparut sur son visage rougi.

_ Nowakiiiii !!!! Tu es en re... retard !

Nowaki l'attrapa par les épaules et sans tenir compte de leur auditoire lui parla franchement.

_ Hiro-san ! Ton collègue est là ! Il faut partir avant qu'il ne te reconnaisse !

_ Pourquoi tu me parle de Mi... Miyagi ?! demanda-t-il en s'accrochant au cou du médecin. Tu sais bien que tu es le seul que je... que j'ai.... que j'aiiiiim..... Ho ! Tu as deux coupes de champagne dans le dos !! (Et oui, même sous l'emprise de l'alcool il ne lui dira pas)

Nowaki soupira exaspéré et le tira par le bras pour l'amener vers la sortie.

_ Dépêche-toi Hiro-san ! Il faut partir maintenant !

_ Roooooooo !!! Que tu es pressé !! Ne t'en fais pas N... Nowaki nous aurons toute la nuit pour ça tu sais.

Dans d'autre circonstance le brun aurait été plus que ravi d'avoir une telle opportunité de conclure avec son petit-ami, mais dans le cas présent il voulait simplement sortir de cet enfer de journalistes, de mondaines exubérantes et de collègues d'université !

Se sentant approché de la porte de sortie, Hiroki décida de faire "languir" son amant. Il se détacha rapidement de son étreinte avant de s'enfuir à travers la salle perruque au vent.

_ Attrape-moiiiiiii !!!!!

_ Hiro-san !!!

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Au même instant, Miyagi You, parvenait enfin à s'extraire de son interrogatoire journalistique. Il resserra sa cravate et s'épongea le front .Tout ce qu'il voulait à présent c'était sortir prendre l'air, mais c'était sans compter sur la tornade rose et noire qui manqua de le faire tomber en passant, et de la chose molle et poilue qui atterrit sur son visage .

Miyagi poussa un hurlement fort peu masculin et arracha la chose de sa tête, prêt à se battre pour sa vie, avant de se rendre compte qu'il tenait une masse de cheveux dans la main... ou plutôt une perruque de femme. Il n'eut pas le temps de s'interroger davantage, une autre tornade, en costume trois pièces cette fois, courait dans la direction prise par la première en hurlant : "Hiro-san !!!! Reviens !"

L'information ne mit pas longtemps à atteindre Miyagi qui se dépêcha à sa suite.

 

Hiroki et Nowaki  avaient traversé toute la salle sous les regards curieux des écrivains qui les voyaient passer en courant et criant. Le châtain décida de grimper à l'étage supérieur suivi de près par Nowaki.

Hiro traversa le couloir couvert de tapis rouge et dut bientôt s'arrêter à une intersection.

_ Droiiiiiiite ou bien gauche ?? se demanda-t-il.

Son poursuivant profita de cet instant de réflexion pour le rattraper et le coller contre le mur.

_ Je t'ai !

_ Aïeuuuuuuuuuuuu !! se plaignit Hiroki en se frottant la tête.

_ Désolé Hiro-san .... Je n’ai pas pu freiner à temps.

Le châtain se retourna vers lui et entoura de nouveau ses bras autour de son cou, Une lueur taquine dans le regard.

_ Ça ne fait rien Nowaki, mais... il va falloir te faire pardonner. (^^)

Nowaki sentit ses joues s'empourprer légèrement, d'ordinaire il aurait fallu payer Hiroki très cher pour qu'il ose faire se genre d’allusion, et encore il n'était pas sûr qu'il le fasse quand même. En jeune médecin qu'il était Nowaki réfléchit au phénomène et décida de le nommer "le mode Dark Hiro-san".

Mais alors qu'il pensait au nouveau brevet de médecine qu'il allait déposer, Miyagi apparut à l'angle du couloir.

Le professeur prit un temps pour reprendre son souffle, les mains sur les genoux (c'est qu'il est plus tout jeune le pauvre ^^) puis releva la tête pour découvrir son collègue de bureau, en robe, collé au corps de son petit-copain.

_ K...Kamijo ??!!

L'intéressé  s'arracha subitement à la contemplation de Nowaki et se tourna vers Miyagi en le pointant du doigt.

_ Professeur M... Miyagi ??!!

Nowaki profita de la confusion pour soulever Hiroki de terre et l'entraîner vers le couloir de droite avant de disparaître dans une chambre ouverte et de claquer la porte derrière eux.

 

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Nowaki haletant repris son souffle et attendit d'être certain que Miyagi soit parti pour pouvoir bouger. Il chercha l'interrupteur à tâtons puis appuya sur le bouton pour découvrir Hiroki, qu’il tenait toujours dans ses bras, paisiblement endormi.

Le jeune médecin jaugea la situation et décida qu'il serait plus sage d'attendre que la réception se termine et que son amant décuve avant de penser à sortir de l'Hôtel.

Dans la chambre, ou plutôt, la suite dans laquelle ils étaient entrés, il découvrit une grande baie vitrée qui parcourait presque tout le mur de la pièce-salon au milieu de laquelle trônait une superbe télévision à écran plasma. À droite de l'entrée il devina la salle de bain et entraîna donc Hiroki dans la pièce du fond, qui devait être la chambre.

Là il prit soin de le poser délicatement sur le lit, de lui enlever ses escarpins puis de le couvrir, afin qu'il n'attrape pas froid.

Il sortit de la chambre en fermant la porte et s'affala sur le canapé en enlevant sa cravate.

Il laissa s'écouler quelques minutes de répit puis saisit le téléphone de la suite pour composer le numéro du service d'étage et demander qu'on lui monte un tube d'aspirine et éventuellement des vêtements masculins se doutant de l'effroyable migraine que subirait Hiroki le lendemain.

Nowaki profita de la vue offerte par la baie vitrée puis le garçon d'étage lui apporta sa commande. Il le paya et prit un verre dans la salle de bain avant d'apporter eau et tube dans la chambre.

Mais en entrant dans la pièce il poussa une exclamation de surprise.

Sur tous les meubles de la chambre étaient disposées de petites bougies parfumées et, assis sur le rebord du lit, Hiroki avait pris soin de retirer sa robe ... et ses sous-vêtements par la même occasion. L'assistant professeur dévisageait sa moitié sans retenue, un sourire pervers collé au visage.

_ H...Hiro-san ???? Parvint à articuler Nowaki alors qu'Hiroki s'était approché de lui pour lui retirer verre et médicaments des mains.

_ Reste caaalme Nowaki .... Tu ne trouves pas qu'il fait chaud ici ?

Le médecin avala difficilement sa salive, tandis que le châtain avait entrepris de lui enlever veste et chemise.

_ Que....qu’est-ce que tu fais ???

_ J'enlève ces vêtements su... superflus.

La tentation de sauter sur Hiro-san, qui n'avait jamais été si entreprenant, était énorme, mais Nowaki se dit qu'il ne serait pas respectueux de profiter de l'ivresse de son amant  et se faisait violence pour ne pas le basculer sur le lit et profiter de son corps toute la nuit.

Il n'eut de toute façon pas à attendre longtemps, Hiroki en avait déjà eu l'idée et avant d'avoir pu esquisser le moindre mouvement il s'était retrouver couché sur le lit, Hiro assis sur lui.

_ Hi... Hiro-san , je t'en prie... tu n'es... pas.. dans ton état normal.

Le souffle de Nowaki se faisait plus haletant tandis que la langue d'Hiroki parcourait son torse de haut en bas, avant de s'arrêter juste au dessus de la ceinture.

_ Ça .... Dit Hiro en s'attaquant au pantalon du médecin. C'est encore plus gênant .....

Malgré les faibles protestations de Nowaki, pantalon et caleçon se retrouvèrent au sol, l'empêchant du même coup de nier le désir qui avait envahi son bas ventre.

_ Hiro-san ... je t'en prie ... tu sais bien que demain tu vas regretter.

Hiroki emprisonna ses lèvres dans un langoureux baiser tout en attrapant dans ses doits l'intimité tendue de son compagnon gémissant.

_ De... Depuis le temps que je voulais faire ça ! s'exclama Dark Hiro-san.

Nowaki, lui, avait abandonné toute résistance et se laissait complètement aller sous les caresses de son amant .Au bout d'un moment Hiroki décida qu'il fallait aller plus loin. Il embrassa une nouvelle fois le brun puis lui fît signe d'écarter les jambes pour lui laisser toute liberté d’action.

"Je ne peux pas y croire" pensa Nowaki en fermant les yeux "même en rêve ... non ça sa dépasse le rêve, c'est de la science-fiction... et c'est tellement bon."

Ses pensées s'embrumaient de plaisir alors qu'Hiroki se plaçait déjà à l'entrée de l'orifice offert entre ses deux jambes qu'il avait naturellement surélevées.

Les yeux toujours fermés, Nowaki attendait l'instant où il sentirait la douleur, le plaisir aussi.... mais rien ne vint. La chambre était soudainement devenue silencieuse et le seul son qui parvenait à ses oreilles était une sorte de ronronnement régulier.

Nowaki ouvrit finalement les yeux et découvrit Hiroki..... endormi.

(Alors que l'ordre de l'univers allait se trouver bouleversé par un Uke devenu Seme , le destin en décida autrement ... la fin du monde n'est pas arrivée )

 

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En rentrant chez lui après le travail, le lendemain, Hiroki jeta son sac dans l'entrée, se débarrassa de ses chaussures et se dirigea vers le salon pour enfin s'effondrer dans le canapé avec un gros soupir.

Il sortit de la poche de sa veste son tube d'aspirine et avala son troisième cachet de la journée. Depuis la veille il se traînait une superbe gueule de bois et avait légèrement paniqué à son réveil en ne reconnaissant pas son appartement et en se rendant compte qu'il ne se souvenait de rien depuis qu'il s'était disputé avec Nowaki à la soirée. Ce dernier d'ailleurs évitait toujours son regard dès qu'il le croisait et Hiroki aurait juré qu'il l'avait vu rougir. Est-ce qu'il lui en voulait encore pour cette histoire de Miyagi ou s'était-il passé quelque chose durant son trou noir ? Il l'ignorait.

Cependant "grâce" au professeur de littérature il avait eu un léger compte rendu de la soirée d'hier et avait découvert avec horreur sa photo dans le journal du matin, en robe mais sans perruque !

Ses étudient aussi semblait avoir vu le journal et malgré tout les livres qu'il avait pu leur lancer pour détourner leur attention, son mal de tête avait eu raison de lui et il les avait laissé faire.

Alors qu'Hiro pensait que sa journée n'aurait pas pu être pire.... le téléphone sonna.

"_ Oui.

_ Eh bien on peut dire que tu n'as pas l'air très en forme aujourd'hui Hiroki.

_ Akihiko ? Qu’est-ce que tu veux ? Demanda le châtain avec humeur.

_ Juste prendre des nouvelles.

_ Ho tu sais il n'y à rien de spécial, à part l'humiliation et la nausée ! Tu as lu le journal je suppose.

_ Moi non, mais mon colocataire a eu l'air surpris de te reconnaître.

_ Un de plus ou de moins de toute manière. Grommela Hiro.

Akihiko s'arrêta un moment pour allumer une cigarette puis repris le combiner.

_ Ha ! Au fait ...  J'ai eu Inoue Ume au téléphone ce matin.

_ I... Inoue Ume ?!

Devant l'ai paniqué d'Hiroki, Akihiko rit légèrement puis ajouta vite :

_ Ne t'en fait pas ! Elle est ravie de l’article, et d'ailleurs elle m'a demandé de te remercier.

_ Me remercier ? Tu veux dire qu'elle était au courant depuis le départ ?!

_ Comment ? Je ne te l'avais pas dit ? Inoue m'avait appelé juste avant la réception en disant qu'elle ne voulait pas y aller de peur de ce faire harceler par les journalistes à cause de son mariage. Elle n'a jamais vraiment aimé les apparitions publiques mais sa maison d'édition tenait absolument à lui faire un peu de pub, alors elle m'a demandé si je n'avais pas une idée et ensuite tu m'as appelé pour la réception d'Isaka.

Hiroki se sentait bouillir intérieurement, mais il décida de ne rien montrer.

_ Alors... en gros. Je n’étais qu'un coup de pub pour écrivain ?

_ Je ne dirais pas ça comme ça mais... en quelque sorte oui.

Le châtain sentait sa colère monter et se répétait intérieurement "Contenir sa rage contenir sa rage contenir sa rage... "

_ Mais au moins, continua Akihiko, vois le bon côté des choses, tu tes bien amusé non ? Hiroki ?..... Hiroki ?

L'assistant professeur avait brusquement raccroché et se dirigeait à présent vers la cuisine.

La porte d’entrée s'ouvrit.

_ Je suis rentré ! annonça Nowaki. Tu es là Hiro-san ?

Après avoir fouillé dans les tiroirs quelques secondes Hiroki en sorti une longue pair de ciseaux aiguisés et traversa l'appartement devant Nowaki sans presque lui accorder un regard.

_ Hiro-san ? Tu vas quelques part ? demanda le brun en voyant son petit-ami enfiler ses chaussures.

_ Je rends visite à un ami et je reviens.

Hiro claqua la porte derrière lui puis, serrant toujours la paire de ciseaux dans sa main, il se dit mentalement :

" Cette fois oui c'est sûr, je vais tuer Akihiko !"

 

 

 

 

FIN