Rêve fruité

 

Le soleil était couché depuis longtemps maintenant. Les buildings étaient tous illuminés, les enseignes des bars clignotaient et les voitures roulaient plus rapidement, les personnes qui sortaient du bureau avaient hâte de rentrer chez eux et les autres venaient juste de sortir pour s’amuser. Hakamada faisait partie de la première catégorie. Il venait juste de sortir du bâtiment de son éditeur, ce dernier l’avait menacé de venir chez lui mais il ne voulait pas qu’il voit Izaki, il voulait le garder pour lui tout seul. Ils avaient emménagés ensemble récemment dans un appartement qui n’était pas trop loin du lieu de travail d’Izaki et qui était plus spacieux que son ancien appartement.

Il attendait impatiemment à un feu rouge, il n’était plus qu’à quelques mètres de chez eux maintenant. Il voyait déjà Izaki derrière lui, aux fourneaux pour lui préparer un bon dîner. Izaki dans son tablier… Le feu passa au vert, il avança et rentra dans le parking réserver à l’immeuble. C’était une obligation dans ce quartier, sinon il n’aurait jamais trouvé de place pour se garer et il n’aimait pas les transports en commun.

Il rentra dans son appartement qui était sombre. Il soupira, Izaki ne l’avait pas attendu pour dîner et était déjà partit se coucher… Déçu, il ouvrit la lumière. Il cligna alors des yeux. Izaki n’était pas partit se coucher, il était assis sur le divan. Seulement, il était complètement nu si on omettait le ruban rouge qu’il portait autours du cou. Il se demanda s’il ne faisait pas un rêve, Izaki n’était pas du genre à faire ça.

 

- Arrête de me dévisager comme ça ! S’exclama-t-il.

 

- Pardon.

 

Izaki soupira. Son amant était toujours aussi inexpressif mais il s’y était fait. Il pouvait parfois même deviner certaines de ses réactions malgré son visage impassible. Il rougit légèrement. Il ne parvenait pas à se sentir à l’aise. Il avait apprit à la télévision aujourd’hui que c’était l’anniversaire d’Hakamada, il n’avait pas eu le temps d’acheter un cadeau alors il n’avait pensé qu’à lui offrir son corps. Il avait tellement honte de sa tenue…

Le cœur battant à tout rompre, il se dirigea vers son amant. Il lui retira son manteau qu’il posa négligemment sur le sol et déposa un baiser sur ses lèvres.

 

- Joyeux anniversaire.

 

- Merci.

 

Hakamada l’embrassa, Izaki passa ses mains autours de son cou et se pressa contre lui. Ainsi, il ne se sentait plus aussi mal à l’aise. Hakamada le souleva et le posa sur le canapé, trop impatient pour regagner sa chambre. Il avait pensé à Izaki toute la journée, il avait voulu l’enlacé. Il ne savait pas comment il était au courant pour son anniversaire mais ça ne le dérangeait pas. Au contraire, il avait l’intention de profiter de son cadeau.

Il caressa ses fesses, le membre d’Izaki était en érection, il le sentait contre son ventre. Il était de le même état. Il n’avait déjà qu’une hâte: le pénétrer. Être en Izaki était la meilleure chose au monde, il avait l’impression qu’ils ne faisaient qu’un et que le jeune homme ne le laisserait jamais. Hakamada se pencha pour déposer des baisers sur le torse de son amant qui frissonna. Il prit un de ses tétons entre ses lèvres et le suçota, il avait une saveur fruitée qu’il adorait. Il arriva bientôt à son membre et il regretta une seconde que le ruban ne soit pas accroché à cet endroit.

Izaki se mit à gémir lorsque Hakamada le prit dans sa bouche. Il se sentit coupable lorsqu’il réalisa qu’il était celui qui recevait du plaisir alors que c’était l’anniversaire de Hakamada. Il mit la main dans les cheveux du romancier et haleta.

 

- Attends…

 

Hakamada releva la tête, encore une fois, il n’avait aucune expression mais le tissu de son pantalon tendu à son entre-jambe ne laissait aucun doute sur son excitation. Izaki l’allongea sur le dos et défit les boutons de son pantalon. Il baissa le caleçon et inspira. Il se pencha et rendit la faveur que son amant lui faisait si souvent. Hakamada observait Izaki faire, il voyait ses lèvres faire un mouvement de va-et-vient sur son pénis et il sentit sa langue le toucher. Il avait les joues rouges, de gêne ou de plaisir. Izaki était tellement beau dans ces moments-là. Il changea légèrement de position pour placer ses doigts sur l’antre d’Izaki. Il gémit à ce contact. Le romancier fit lentement entrer son majeur en lui, les parois s’écartèrent très rapidement et il inséra son index. Il fit un mouvement de va-et-vient, Izaki gémissait et ne pouvait plus le prendre dans sa bouche, trop déstabilisé par le plaisir. Hakamada allait le retourner pour le prendre mais Izaki posa ses mains sur son torse.

 

- Laisse-moi faire.

 

Il s’assit lentement sur le sexe érigé de l’écrivain. C’était la première fois qu’Izaki prenait le dessus. Il était tellement beau dans cette position indécente. Il toucha son membre pour imprimer un mouvement de va-et-vient. Quel délice. C’était le meilleur anniversaire de sa vie. Le plaisir devint plus grand tandis qu’Izaki poussait des gémissements encore plus fort. Hakamada posa ses mains sur ses hanches et l’aida dans son mouvement. La délivrance était proche. Après quelques coups de bassin, Izaki éjacula. La vision de son amant débordant de plaisir excita Hakamada au plus haut point, il se répandit à son tour dans l’antre d’Izaki.

 

- Hakamada… Soupira Izaki.

 

L’écrivain eut le sourire aux lèvres. La voix d’Izaki semblait résonner comme un écho. La voix s’amplifia jusqu’à devenir trop forte. Il fronça les sourcils.

Il ouvrit les yeux, Izaki était en costume en train de le secouer pour le réveiller.

 

- Nhh… Tu n’es plus tout nu ?

 

Izaki lui donna un coup sur la tête en rougissant. Hakamada était vraiment stupide en se réveillant. Il l’avait entendu murmurer son nom dans son sommeil mais il ne savait pas de quoi il avait rêvé.

 

- Je dois aller travailler mais je voulais te donner ça avant.

 

Il lui tendit une boite rectangulaire emballé dans un papier cadeau rouge avec un ruban doré. Hakamada s’assit dans le lit et essaya de défaire le paquet mais le ruban ne se coupait pas. Izaki lui passa une paire de ciseaux, il avait été persuadé que le romancier ne parviendrait pas à défaire le nœud. Le jeune endormi s’en saisit et coupa le ruban pour ouvrir la boite. Il découvrit une montre à l’intérieur.

 

- Joyeux anniversaire. Sourit Izaki. Elle te plait ?

 

- Oui. Merci.

 

Il embrassa le jeune homme et l’entraîna sur le lit. Izaki se débattit.

 

- Arrête, je vais être en retard pour le travail. Je voulais juste te donner ton cadeau ce matin. Comme je rentre plus tôt ce soir, je te ferais un gâteau et on soufflera tes bougies ensemble d’accord ?

 

- Je préférais qu’on fasse comme dans mon rêve, déclara Hakamada. Que tu m’attendes tout nu avec un ruban autour du cou.

 

Izaki resta un moment sans voix puis il donna un coup sur la tête d’Hakamada.

 

- Comme si j’allais faire quelque chose d’aussi humiliant !

 

Il réajusta son costume et partit travailler. Il savait maintenant pourquoi le romancier avait murmurer son nom mais il n’aurait jamais imaginé qu’il puisse faire des rêves érotiques sur lui. Izaki réfléchit un moment. Il aimait Hakamada mais même s’il voulait lui faire plaisir, il ne pouvait pas l’attendre nu à la maison avec un ruban autour du cou !

Le soir arriva rapidement. Izaki avait repensé au rêve d’Hakamada toute la journée. Il était partagé entre l’envie de lui faire plaisir et la honte. Il passa devant un magasin et remarqua un ruban rouge dans la vitrine. Il hésita un instant et entra dans le magasin. Il en ressortit avec le ruban. Il se sentait confus et honteux. La vendeuse l’avait regardé avec un sourire comme si elle savait ce qui allait advenir de ce ruban. Il rentra et vit Hakamada assit dans le salon, en train de taper à l’ordinateur.

 

- Bienvenue à la maison, dit-il.

 

Il se leva et se dirigea vers Izaki qu’il prit dans ses bras.

 

- Izaki…

 

Le jeune homme rougit légèrement. Depuis qu’ils avaient emménagés ensemble, Hakamada attendait à chaque fois qu’il l’embrasse pour souhaiter son retour. Ce soir ne faisait pas exception. Izaki l’embrassa.

 

- Il faut que tu me lâches sinon tu n’auras pas de gâteau.

Le romancier le relâcha. Il voulait à tout prix gouter à la cuisine d’Izaki. Il ne connaissait que les plats salés qu’il préparait mais il n’avait jamais fais de gâteau. Il avait hâte de manger ce gâteau puis de manger Izaki.

Le jeune homme mit son tablier et commença à préparer un gâteau au chocolat. C’était le seul gâteau qu’il savait faire étant donné qu’il n’était pas doué pour la pâtisserie mais il préférait un gâteau fait maison plutôt qu’un acheté. Il suivit attentivement la recette pour être sûr de ne pas le louper. Hakamada l’observait depuis son ordinateur, il le sentait mais il refusait de se retourner sinon il perdrait sa concentration et raterait le gâteau.

Il se sentit soulagé lorsqu’il enfourna enfin le gâteau et prépara le dîner, c’était beaucoup plus simple selon lui. Il fit quelque chose de rapide, il ne voulait pas passer trop de temps derrière les fourneaux. Hakamada vint le prendre par la taille.

 

- Ça sent bon.

 

- C’est prêt. Tu mets la table ?

 

Il acquiesça et le fit. Izaki déposa les plats à table et ils mangèrent tranquillement. Le jeune homme hésitait encore à exaucer le rêve d’Hakamada. Il avait acheté le ruban mais le romancier n’était pas au courant, il pouvait très bien le cacher jusqu’au moment ou il le jetterait.

Il apporta le gâteau et alluma les bougies. Hakamada les souffla et coupa le dessert. Izaki lui tendit son assiette puis la sienne. Il gouta avec appréhension mais il constata avec soulagement qu’il ne l’avait pas raté. Hakamada le regarda.

 

- C’est bon.

 

- J’avais peur de le rater mais ça va finalement.

 

Il acquiesça et continua de manger. Lorsqu’il eu terminé, il se redressa pour faire la vaisselle. Izaki se leva et prit son sac.

 

- Je reviens. Dit-il.

 

- D’accord.

 

Il partit dans la salle de bain et soupira. Son cœur battait déjà à tout rompre. Il se déshabilla et accrocha le nœud à son cou. Il mit du temps car le nœud n’était jamais très bien fait à cause de ses mains tremblantes. Il se regarda dans le miroir et se sentit stupide. Son cœur martelait maintenant sa poitrine. Il inspira un bon coup et sortit de la salle de bain. Hakamada était dos à lui, en train de faire la vaisselle. Une chance, il ne savait pas comment réagir dans cette situation. En général, c’était toujours Hakamada qui prenait l’initiative et lui, il le laissait faire. Mais là… Est-ce qu’il apprécierait vraiment ou est-ce qu’il se moquerait de lui ? Il le prit dans ses bras.

Hakamada lâcha l’assiette qu’il était en train de laver lorsqu’il sentit son amant tremblant dans son dos. Il se retourna et remarqua qu’il avait un ruban rouge attaché autour du cou et qu’il était complètement nu.  Il était touché qu’il ait surmonté sa peur pour lui faire plaisir. Son rêve allait peut-être devenir réalité. Il fixa Izaki qui rougit, gêné de l’attention de son amant.

 

- Arrête de me fixer comme ça !

 

- Désolé, mais tu es si mignon. Personne d’autre que moi n’aura le droit de te voir comme ça.

 

- Comme si j’oserais faire ça devant quelqu’un d’autre. Ronchonna Izaki.

 

Hakamada l’embrassa et le porta jusqu’à leur lit. Izaki était quelqu’un de très fier mais il avait mit de côté ce trait de sa personnalité pour lui faire un cadeau magnifique le jour de son anniversaire. Il était plus heureux que jamais. Peut-être qu’un jour, il prendrait l’initiative pour lui faire l’amour. Il le trouvait tellement adorable qu’il n’avait qu’une envie: l’attacher pour être sûr qu’il ne parte jamais.