I will endure all to stay by your side.

 

 

Plus subtil que de l’amour,

Moins puissant que de la haine.

Je ne deviens pas dépendant de cette situation.

J’ai juste besoin de toi. De façon vitale.

Dommage que ce soit aussi malsain.

Dommage que je ne ressente pas les choses comme vous autres.

Je ne ressens rien d’autre que la peur de te perdre.

J’ai des engagements.

Pas de places pour les sentiments.

Et ce besoin est étrange, il lacère mon cœur normalement incapable d’aimer…

~*~

Comme tous les matins il se lève, il n’est que six heures mais sa journée commence déjà. Aujourd’hui il a beaucoup de chose à faire. Le linge commence à s’amasser et le petit déjeuner doit être prêt pour 9 heures tapante. Il jette un dernier coup d’œil à sa montre, il a perdu 5 minutes à se préparer. Il songe qu’il ferait mieux d’être plus rapide. A cette heure ci personne n’est encore debout. Il doit aller réveiller Maylin et Bald pour leur donner leurs instructions. Il sait à quel point ces deux feignants ne daigneront pas mettre leur réveil pour s’occuper des tâches de la maison.

Mais il faut bien que quelqu’un lave le linge, que quelqu’un prépare le petit déjeuner ? Bien sur il sait qu’il fera tout lui-même. Il ne faudrait pas prendre le risque de réduire en charpie les habits de son maître, ni même de faire exploser la cuisine… A nouveau… Il soupira un long moment, retroussa ses manches et entra dans la chambre de la soubrette. Il ouvrit les rideaux et lui ordonna avec une voix suave de se réveiller. Elle obéit, se releva en sursaut, fit tomber ses lunettes -qu’il rattrapa de justesse-, manqua de trébucher dans ses chaussons ; et une fois debout avec ses verres presque inutiles sur le nez elle s’excusa mainte fois auprès du majordome. Il fallut recommencer le même cirque avec Bald. Lui ne trébucha pas mais il mit plus de dix minutes à ouvrir les yeux… Pour le jardinier il préférait laisser Tanaka s’en occuper. Ce même Tanaka qui devait errer dans un coin du manoir à ressasser de vieux souvenir, toujours en portant sur son visage cet air calme caractéristique des majordomes.

~*~

Je supporterais tout pour rester à vos côtés.

~*~

Les lieux lui semblent bien vides lorsque son maître est absent. Et l’ambiance pesante qui règne dans cette maison est étouffante. Autant de secret et de mystère qui se cachent derrière chaque recoin, chaque tableau de ce manoir vieux de plusieurs siècles. Manoir qui passe à chaque génération entre les mains d’un nouveau membre de la famille Phantomhive. En ce moment, c’est Ciel qui a la lourde responsabilité de s’occuper des affaires et du nom de sa famille. Et le seul soutien qu’il possède vient de lui

~*~

Sébastian,

Ce n’est surement pas son vrai nom. D’ailleurs quel est t’il ? Peut être que pour nous autre il est imprononçable… Tout est tellement différent dans son monde à lui. Mais il a su parfaitement s’adapter. Il règne dans l’ombre et soutient Ciel, jusqu’à ce qu’il puisse enfin s’emparer de ce qui fait qu’il est qu’il y est…

Son âme, sa vie, l’essence même de ses pensées, ses choix. Qu’il soit bon ou mauvais.

~*~

Je ne ressens rien,

Mais je vous ais aidé alors que vous sombriez dans les tréfonds de l’enfer terrestre.

Au cœur même du désespoir,

Alors je vous ais aidé, et je continuerais à le faire.

Car c’est mon rôle.

~*~

Sébastian s’occupa d’abord du petit déjeuner, il prépara des croissants, un chocolat chaud ainsi que des brioches moelleuses saupoudrées de sucres glace. Une fois le repas près il se lava les mains et plaça le tout sur un plateau en argent accompagnée d’une rose tout juste cueillie ce matin. Une fois le plateau prêt il le plaça sur un chariot pour se diriger dans la lingerie. Il prépara les vêtements de Ciel, les posa sur l’étage le plus bat du chariot et partit en direction de la chambre de son maître. Une fois arrivé la routine habituelle commença, il tira les rideaux, le réveilla, lui présenta son petit déjeuner pour ensuite l’habiller. Et comme tous les jours Ciel demanda le programme quotidien.

« Aujourd’hui vous n’avez rien de prévu maître, vous recevrez juste la visite de miss Elyzabeth cet après-midi. »

Ciel acquiesça, il appréhendait beaucoup les visites de sa fiancée, même s’il l’appréciait énormément. Il se connaissait depuis tellement longtemps. Puisqu’il n’avait rien à faire aujourd’hui il irait jouer aux échecs en attendant son invité.

« -Au faite Sébastian ? Qu’elle jour somme-nous aujourd’hui ?

-Le 14 Février maître. 

-Merci »

Jamais Ciel n’aurait pu imaginer la journée fatigante qu’il allait devoir supporter, Sébastian non plus d’ailleurs.

~*~

Les hostilités commencèrent dés le début, les autres occupants du manoir venait apparemment de regarder le calendrier. Ciel venait de s’enfermer dans une salle pour jouer quelque partie d’échec. Sébastien lui avait quitté les lieux pour faire quelque course avant l’arrivée d’Elyzabeth. Les trois amis - sans compter Tanaka- se regardèrent, poussèrent un cri de guerre, et commencèrent à mettre involontairement la demeure sans dessus dessous.

Le rideau se lève…

Ce n’est pas une tragédie qui se prépare, mais un vrai théâtre pathétique…

~*~

Sébastian rentra après une heure de course, Elyzabeth et son fiacre venait justement d’arriver devant le manoir. La jeune fille portait une élégante robe rouge pleine de frou-frou et de petit nœud en satin. Elle portait des gants en cuir et un petit chapeau haut de forme orné de fruits rouge. Ses bottes étaient aussi rouge et assez haute fermé par des lacets de la même couleur. Elle ressemblait à madame red accoutrée de cette façon… Mais elle avait eu envie de changer ce jour-là, car pour elle c’était un jour très spécial…

Elle l’attendait depuis plusieurs jours.

Enfin elle allait pouvoir démontrer tout son amour à son fiancé ! L’impatience la fit courir jusqu’à la porte, elle devança très rapidement le majordome. Puis sans même attendre elle ouvra la porte de la demeure. Elle se figea sur place… Ou était passé le manoir austère, clair mais peu accueillant et pas du tout mignon qu’elle avait l’habitude de voir ?

On aurait dit que la maison s’était accordée avec la robe de la jeune fille… Des centaines de roses -sans doute du jardin- avaient été accroché dans toutes les pièces et plus particulièrement dans le hall. Des roses formant de drôles de guirlandes et des cœurs un peu cabossés… Des énormes rubans satinés rouges étaient accrochés et formaient des nœuds rappelant ceux de la robe d’Elyzabeth… Les trois fanfarons de la maison accueillir le majordome et la jeune fille en souriant. Il était difficile de les voir au premier abord… Tout d’abord parce que la maison surprenait énormément. Et de plus parce que leur accoutrement se fondait dans le décor… Etait-il tombé en enfer ? Qu’étais-ce que toutes ces couleurs chatoyantes qui habillaient la maison telle une danseuse de flamenco ?

Sébastian était sidéré devant cette décoration… C’était d’un mauvais goût atroce !! Heureusement qu’il ne recevait pas d’invité important aujourd’hui ! Il avança et rentra avec scepticisme dans la maison. Il savait pour qu’elle occasion ils avaient tout revêtit de rouge… Mais étais-ce vraiment nécessaire ? Sébastian ne prit pas la peine d’aller chercher Ciel, il ne prit la peine de rien d’ailleurs… Que pouvait-il faire face à ça… Il avait des choses à faire dans la cuisine et n’avait pas le temps de réparer leurs idioties. Puis une étrange odeur vint titiller ses narines, il l’aurait reconnu entre mille… C’était simplement l’odeur de quelque chose en train de brûler dans le four. Une odeur néfaste qui se répandait dans la pièce imprégnant chaque pétale présent… Il fallait arrêter ça à tout prix ! Il se dirigea le plus vite possible à la cuisine et arrêta ce feu ! Bald avait apparemment tenté de faire un gâteau, saveur chocolat cramé ? Aux amandes un peu trop grillées ? Accompagné de sa crème de fumée noire ?

Pas du tout appétissant tout ça… Sébastian remit de l’ordre et commença à faire de la véritable cuisine. Elyzabeth avait pris son mal en patience et avait préféré rendre la maison encore plus « mignonne » avant d’aller voir Ciel. Une odeur beaucoup plus subtile finit par se dégager dans la pièce pour couvrir celle des fleurs. Sébastian faisait du bon travail ! Les chocolats étaient bientôt près, pour les accompagner il a acheté du lait frais et a fait des petits sablés avec des formes choisis spécialement pour l’occasion. N’importe quel homme aurait souhaité que sa petite amie se donne autant de mal pour une telle occasion !

Tout ce passait plutôt bien, le décor était toujours aussi kitch mais il n’en avait que faire pour l’instant. Il ne s’en préoccupait pas. Même quand la sonnette retentit le décor ne l’inquiétait guère… Même quand Sébastian quitta les fourneaux pour aller ouvrir les centaines de roses n’avait aucune importance…

Puis il ouvrit la porte, et là… Tout s’effondra.

« -Bonjour, je suis le comte Gaston Lenôtre (1), je viens parler à sir Phantomhive, est-il chez lui ? Lui demanda l’homme qui portait un fort accent étranger… Surement français.

Sébastian resta impassible face à la situation… Le comte ne devait pas venir avant demain, les choses n’étaient pas prévues…

-Et bien oui, il est présent.

-Je suis désolé, je sais que c’est fort incongru de ma part de me présenter aujourd’hui, mais j’ai eu quelque petit problème et mon emploi du temps à été considérablement chamboulé ! Si votre maître à quelque minute à m’accorder ce sera avec la plus grande joie ! Sinon je repasserais demain. »

Sébastian ne réfléchit pas et offrit son plus beau sourire à l’homme d’âge mûr qui se tenait devant lui. Gaston Lenôtre, célèbre pâtissier, confiseur de Paris, a décidé de faire des affaires avec l’entreprise de Ciel. Leur rencontre est donc très importante pour le maître car il a l’intention d’investir beaucoup d’argent pour ce projet. Il veut créer des chocolats pour la marque de Ciel, il est certain que l’alchimie collera entre eux deux et ainsi il espère une exploitation de son nom dans les pays britanniques.

« -Je vais voir si mon maître est apte à vous recevoir… En attendant, entrez je vous prie… »

Le majordome se stoppa net, et le hall de la maison qu’il avait totalement oublié le choqua de nouveau ! Il ne pourrait pas montrer le manoir dans cet état ! Il fit diversion.

« -Et bien comme il fait beau et que c’est bientôt l’heure de prendre le thé pourquoi ne pas plutôt s’installer dans le jardin ? »

Même si c’était quelqu’un d’important il était tout à fait complaisant et ne rechigna pas.

Sébastian se dirigea avec son invité vers le jardin, mais il cru faire une crise cardiaque à peine arrivé. Le jardin avait été ravagé par Finian qui en plus d’avoir coupé toutes les roses avaient surement aussi du oublier l’arrosoir à eau détruisant toutes les plantations… Le jardin n’était plus qu’un gros amas de bout et de sable mouvant digne d’un film d’horreur se passant en pleine jungle. La panique monta d’un cran, mais il resta toujours impartial, sans expression.

« -Désolé, j’avais oublié que… C’est la saison des amours pour… les limaces et comme nous refusons de les tuer le jardin n’est pas en très bonne état. »

Le comte le regarda suspicieusement et sourit avant de rire, d’un rire franc et gras. Sébastian souffla, il avait eu de la chance… Mais comment faire pour rentrer dans le manoir désormais ? Il alla devant la maison, il restait un coin d’herbe encore intact. 

« -Attendez moi là je reviens. »

Et en effet, il revint quelque minute après et installa une table pour deux personnes. Il y ajouta une nappe en dentelle avant de poser une carafe en porcelaine ainsi qu’un service à thé. Il couru ensuite à droite et à gauche, réparant les idioties de chacun, s’assurant que personne n’avait mangé ses chocolats, allant chercher Ciel pour le prévenir. Celui-ci s’étant endormi sur son échiquier… Elyzabeth avait les doigts pleins de colle et sa robe était froissée… Maylin venait encore de casser ses lunettes. Bald pour il ne s’avait qu’elle raison portait encore cette coupe afro signifiant qu’une catastrophe était arrivé. Et Finian avait préféré se cacher pour éviter toute remontrance. Plusieurs minutes s’écoulèrent et il finit enfin par réunir tout le monde pour le thé. L’après midi finit par bien se passer …

Il était exténué…

Les affaires avaient réussis. Il du remettre la maison dans son état initial.

Il était définitivement dur et fatiguant de vivre dans le monde des humains. Il alla rejoindre son maître dans le petit salon, lui apportant une boite remplie de chocolat. A l’abri de tout regard extérieur, exempt de toute convention sociale. Le majordome se posa simplement sur son genou droit, face à son maître, en signe de respect. Ciel venait de lui donner un ordre, il obéissait. Qu’importe la nature de sa demande. Ainsi le jeune homme pouvait le regarder de haut, et ça lui suffisait amplement. Sébastian cacha la boite dans son dos, celle rehaussée d’un ruban rouge, celle où un carton avec écrit « bonne St Valentin » tenait entre deux rubans. Il ne pouvait pas lui offrir, il devait rester impassible. Il devait garder ces putains de convention. Il était un simple majordome et lui était son maître. Aux yeux de tous… Bien qu’en réalité… Ils soient bien plus que ça l’un pour l’autre. Une fois cette cérémonie improvisée finit, Sébastian se dirigea dans la chambre de son maître, son ombre sur les talons.

La journée était finit, le ciel se recouvrait de sa cape de nuit parsemée de petit diamant scintillant. Le plus important des diamants était en partie recouvert par une fine couche de coton imbibé d’encre noir… Mais la faible lumière de ce vêtement filtrait quand même dans la chambre de Ciel. Ciel se déshabilla, enfila son pyjama, enleva le bandeau couvrant son œil droit, ainsi la lune se sentit moins seul. Quelque chose de nouveau brillait dans l’obscure pièce. Quelque chose qui reliait Sébastian et Ciel pour L’éternité.

Le jeune maître se coucha, Sébastian resta quelques minutes à ses côtés, le regardant s’endormir paisiblement. C’était rare de le voir aussi paisible… Il avait toujours un peu de mal à s’endormir. Après tout, ce n’était qu’un enfant. Et malgré l’armure aristocratique qu’il s’était forgé. Il restait un simple enfant. Une fois qu’il fut endormi, Sébastian pu prendre un candélabre en main et quitter sans le moindre bruit la chambre de son maître.

Encore une journée de plus enchainé à ce corps et à ces obligations.

Mais il ne regrette aucun de ces sacrifices. Un sourire presque sadique, du moins satisfait, se dessina à la commissure de ses lèvres.

Qu’importe les sacrifices, il satisfaisait son intérêt personnel. Attendant l’éternité à ses côtés.

~*~

Je supporterais tout pour rester à vos côtés,

Jusqu’au jour où vous n’aurez plus besoin de moi.

~*~

 

FIN

 

(1) : Au diable les anachronismes ! J’aurais pu prendre n’importe quel nom, j’ai pris celui là ! Je voulais un français. ^^

 

NDA : voila, j’espère que ça vous a plu ne serait-ce qu’un tout petit peu ! J’ai plusieurs idées qui me sont venus pour écrire une fic… Mais seulement après ! Peut être la prochaine fois, au moins ça m’a donné une idée de one shot un peu plus yaoi… Là je suis désolée pour les fans mais ce n’est vraiment pas le cas ! En tous les cas j’ai trouvé ça amusant d’écrire cette fic et de faire ce graphique ~ (je me rends compte que j’aurais pu faire le wall’ en rouge plutôt… Mais je suis dans ma période violet xD Et je l’aime bien comme ça ~)

(Je finis cette fic avec un affreux mal de crâne ! J’ai réussis à la finir à temps et ça me rassure !)

Sinon comme je ne sais pas si vous aviez lu les autres chapitres de kuro que ceux posté sur PF (car je ne sais pas qui va lire cette fic…) Donc je n’ais pas fait de spoil… Je reste très implicite sur ce que je sais. Juste au cas où et même si ces spoil ne sont pas forcément bien important. Au début j’étais partie pour faire quelque chose d’explicite… Mais finalement non !

Merci à la personne qui a lu ceci !